Non, je ne craquerai pas, je n'abandonnerai pas. Tu es là, à débiter toutes les horreurs du monde sur moi. J'essaie de t'ignorer, mais c'est impossible. J'essaie de ne pas fondre en larme, afin de te montrer que ce que tu me dis ne me touche pas. Pas le moins du monde. Pourtant, les larmes me montent aux yeux, mes intestins se tordent dans tous le sens. Je me courbe et mord mon poignet afin de ne pas éclater en sanglot. Tu ne me remarque même pas. Je m'enfuis. Oui c'est ce que je sais si bien faire d'après toi. Je m'enfuis quelque part où je pourrai exploser. Un endroit où moi aussi je pourrai te dire tout ce qui ne va pas. Pourquoi c'est toujours moi qui prend tout. Aucun compliment, que des reproches. Ça commence à devenir lourd. Vraiment. Lourd à porter et cette frustration ne cesse de grandir. C'est dur à dissimuler. Entendre dire qu'on est nul, raté, qu'on n'arrivera à rien, qu'on ne sera pas diplômé et que surtout, on atteindra jamais ses rêves. Voilà ce que tu me dis. Dire que je n'arriverai jamais dans la filière que j'ai choisis car je ne suis pas assez futé. Je commence à y croire. Il ne faut pourtant pas. Tu ne me connais pas. Franchement pas. Je suis déterminé et ambitieux. Je ferai ce que je veux de ma vie, quitte à prendre de mauvaises décisions. Je vois tellement de personnes encourager les autres à mettre à bien leurs projets, ambitions. Toi tu es tout le contraire. Je te hais quand tu me dis ça. J'ai envie de ne plus te connaitre, de partir loin de toi. Pourtant, je ne peux pas t'en vouloir. A dix-huit ans, on est toujours un adolescent. Un adolescent qui a besoin de sa mère.